
Année : 1984
Numéro : 2323
Monastère de la Grande Chartreuse (Isère) |
Monastère de la Grande Chartreuse (Isère) Le
monastère de la Grande Charteuse est le premier
monastère et le monastère principal de l'Ordre des
Chartreux. Il est situé au pied du Grand Som, quatrième
plus haut sommet du massif de la Chartreuse.
L'implantation des Chartreux dans le massif qui leur a
donné son nom fait de ce site le type de l'espace
monastique cartusien, bien que lordre se soit
accommodé dès le XIIIe siècle de sites
urbains et de maisons situées en plaine, voire au bord
de la mer.
Conformément à la règle cartusienne, le monastère ne
se visite pas, mais un musée est installé à la
Correrie, en aval du monastère. On peut y voir des
reconstitutions de cellules de moines.
Le premier emplacement, choisi en 1084 au fond de la
vallée, a été abandonné après sa destruction par l'avalanche
de 1132 qui tua une grande partie de la communauté.
Reconstruit quelques centaines de mètres en aval, sur le
lieu plus abrité quil occupe encore actuellement,
le monastère a subi plusieurs autres sinistres au fil
des siècles.
En 1678, après un huitième incendie, il fut reconstruit
selon le parti architectural quon lui connaît. Les
bâtiments sont classés monument historique depuis 1920.
Les Chartreux, qui en avaient été expulsés à la
Révolution (1790), lors de la suppression des ordres
religieux, y sont rentrés en 1816.
Expulsée à nouveau le 29 avril 1903, la communauté de
Chartreuse se réfugia en Italie, à la chartreuse de
Farneta (Lucques) et ne put réintégrer la maison mère
quen 1940. En mai 1940, prévenu de l'imminence de
l'entrée en guerre de l'Italie (10 juin 1940) et des
conditions favorables d'un retour en France dans le
contexte de la débâcle, le Révérend Père général
Dom Ferdinand Vidal envoie des religieux pour réoccuper
la Grande-Chartreuse. Les premiers Pères arrivent le 29
mai. Passant outre l'opposition du préfet de l'Isère,
le maire de Saint-Pierre-de-Chartreuse réquisitionna le
monastère « pour y abriter des réfugiés ».
Le 9 juin, Georges Mandel, ministre de l'intérieur,
régularise la situation de fait (9 juin 1940). Le 21
juin 1940, les trois premiers Pères reprirent
officiellement possession des bâtiments. La nomination
par Pétain d'un nouveau préfet de l'Isère, Raoul
Didkowski, facilita la réintégration. Une loi du
gouvernement de Vichy du 21 février 1941 accorda aux
Chartreux une reconnaissance légale en France. Durant
ces années difficiles, la communauté ouvrit ses portes
aux juifs et aux personnes pourchassées. Une convention
du 11 mars 1941 entre la Grande Chartreuse et l'administration
des Beaux-Arts permit la restauration rapide des
bâtiments. La communauté continue toutefois jusqu'à ce
jour à louer les bâtiments à l'État français,
moyennant un loyer modique et la charge de
lentretien courant. À partir de 1947, la Grande
Chartreuse recommença à abriter régulièrement le
chapitre général.
Dans les deux décennies qui suivirent la Seconde Guerre
mondiale, le tourisme devint si gênant que les
supérieurs de lordre envisagèrent de quitter le
massif de Chartreuse et de transférer la communauté sur
un site plus solitaire. Finalement, ils obtinrent que le
site soit classé comme site historique et naturel,
interdit au survol des avions de tourisme (avantage dont
ne bénéficient pas toutes les maisons de l'ordre) et
fermé à la circulation automobile.
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Année : 1986
Numéro : 2404
Cloitre de Notre-Dame-en-Vaux à Châlon
sur Marne |
Cloître de Notre-Dame-en-Vaux
(Châlon
sur Marne) Inscrit au patrimoine
mondial de l'UNESCO dans le cadre des Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle
en France, Notre-Dame-en-Vaux était une collégiale, c'est-à-dire
qu'elle abritait une communauté de chanoines.
L'église actuelle fut commencée avant 1157, en
remplacement d'un édifice antérieur qui s'était
écroulé. Sa reconstruction était achevée en 1217.
Commencée en style "de transition" (intermédiaire
entre le roman et le gothique), elle fut terminée en
gothique.
On y trouve un beau chevet avec abside gothique flanquée
de deux tours romanes (influence de la cathédrale de
Toul), mais aussi d'admirables verrières du XVIe siècle.
Il s'y trouve également un des plus grands carillons d'Europe,
composé de 56 cloches et datant du XIXe siècle.
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